Au sujet de la SNBC, stratégie nationale bas carbone, et de la neutralité carbone

Un contre-projet de neutralité carbone beaucoup moins coûteux que celui du gouvernement

Un contre-projet avec deux modifications apportées au projet du gouvernement
      - sur la consommation d'énergie des bâtiments
      - sur la façon de produire l'électricité
Les dépenses du contre-projet sont inférieures de 30 à 35 milliards d'euros par an à celles du projet du gouvernement.
Ce contre-projet à été construit avec des feuilles de calcul publiées sur le site.
Les hypothèses et les résultats sont donc accessibles et contestables, condition pour un débat fructeux.

Le projet de SNBC du gouvernement : un tableau de production et de consommation d'énergie ; un tableau de production d'électricité
Le contre-projet présenté ici               : un tableau de production et de consommation d'énergie ; un tableau de production d'électricité

Un projet de SNBC a été publié par le gourvernement à la fin 2018. On le trouve ici.
L'objectif est de faire en sorte que les émissions nettes de CO2 depuis le territoire métropolitain soient nulles, c'est à dire que les émissions ne soient pas supérieures à ce qui est absorbé et mis en stock par les sols et les arbres.
Compte tenu des émissions de l'agriculture, cela veut dire que les émissions dues à la production et à la consommation d'énergie doivent très faibles, voire nulles.
Le projet de SNBC présente un ensemble d'hypothèses sur la consommation d'énergie pour le transport, pour le logement et le tertiaire, pour l'industrie et l'agriculture.
Il est commode de représenter l'ensemble de ces hypothèses par un tableau qui tient sur une page 21*27 : évolution de la consommation pour se chauffer, évolution des distances parcourues en voiture, progrès d'efficacité des moteurs, part de la propulsion électrique sur route, énergies utilisées pour se chauffer (pompes à chaleur, biomasse, gaz décarboné), etc. C'est possible en utilisant la feuille de calcul, publiée ici, qui permet à chacun de bâtir un tableau de production et de consommation d'énergie avec ses propres hypothèses.
Le projet du gouvernement dit quelle serait la consommation d'électricité mais il ne dit rien de la façon dont celle-ci serait produite. Dans la poursuite de sa politique actuelle, je suppose qu'il maintiendra sa ligne de "50% nucléiaie", puisque la justification (fallacieuse) est un "équilibre" entre les diverses sources d'électricité. A l'aide du simulateur du système électrique publié sur ce site, on construit facilement un parc de production et de stockage d'électricité répondant à la demande avec 50 % de nucléaire et en limitant la production à partir de gaz fossile à 11 TWh : 40 GW nucléaire, 75 GW éolien, 75 GW photovoltïque et un électrocolyseur de 11 GW.

On peut donc voir ici un tableau synoptique présentant le projet de SNBC du gouvernement et un autre présentant la production d'électricité avec 40 GW nucléaire, 150 GW d'éolien et de photovoltaïque - dans ce tableau, les coûts de l'éolien et du photovoltaïque sont conformes aux hypothèses de RTE pour 2035.


Un contre-projet

           
            Comme cela se faisait usuellement , on compte ici les énergies en tep et l'électricité en MWh ; une tep vaut 11,6 MWh.

Dans le projet du guvernement, on est particulièrment surpris par les hypothèses de consommation d'énergie de l'industrie d'une part, et du secteur résidentiel et tertiaire d'autre part.
La consommation d'énergie de l'industrie et de l'agriculture passerait de 33 Mep (millions de tep) en 2015 à 24 Mtep en 2050. Il suffirait en effet de laisser se poursuivre le déclin de l'industrie.
La consommation finale d'énergie thermique dans le résidentiel et tertiaire serait très fortement réduite, passant de 53 Mtep à 23 Mtep, une division par plus de 2. Comme on aura toujours besoin d'eau chaude, la consommation d'énergie pour se chauffer devrait être divisée par 3 ou 4. Même en utilisant massivement des pompes à chaleur, ce ne serait possible que si l'on mettait tous les logements existants aux normes BBC, Bâtiment à basse consommation. Et c'est effectivement ce qu'on lit dans le projet du gouvernement.
Mais cela coûterait très cher.
De mon côté, en analysant les dépenses qui permettent de diminuer la consommation d'énergie de chauffage et en cherchant à les minimiser, je calcule que la consommation d'électricité pour le chauffage devrait être supérieure de 80 TWh à ce qu'elle serait si tous les logements étaient BBC sans effet sensible sur les émissions de CO2 puisque les sources de chaleur (électricité, biomasse, chaleur du soleil) n'en émettent pas.

Par ailleurs, vouloir limiter la production nucléaire coûte cher, même en supposant une forte baisse du coût de l'éolien et du photovoltaïque (cela se constate aisément à l'aaie de l'outil de simulation de l'électricité)

Voici donc un contreprojet :
- la consommation d'électricité est supérieure de 80 TWh à ce qu'elle est dans le projet du guvernement.
- la consommation d'énergie fossile directement et pour produire de l'électricité, est la même que dans le projet du gouvernement
- la production d'électricité se fait sans augmenter la production actuelle à partir d'éoliennes, de photovoltaïque et de biomasse. La capacité nucléaire est de 82 GW.

On peut voir ici le tableau synoptique de consommation d'énergie de ce contre-projet et un tableau montrant la production d'électricité.


Comparaison entre le projet du gouvernement et le contre-projet

- Pour le chauffage des logements : dans contre-projet, 80 TWh de plus que dans le projet du gouvernement, c'est à dire environ trois fois plus et cela sans effet sensible sur les émissions de CO2.
Mettre les logements aux normes BBC permettrait de diminuer les dépenses d'énergie mais au prix de  dépenses beaucoup plus élevées. Si on compare à la solution qui minimise les dépenses totales d'investissment et d'énergie, pour mettre tous les logements en BBC, les dépenses suur le bâti et pour l'équipement de chauffage seraient supérieures de 30 à 35 miliards d'euros par an.

- Pour la production d'électricité : même en supposant que les coûts des éoliennes et du PV diminuent beaucoup, la production de 630 TWh d'électricité dans le contre projet coûte 1 milliard d'euros par an de moins que la production de 550 TWh avec moins de 50 % nucléaire.

Avec le contre-projet de SNBC proposé ici, les dépenses totales d'économie, de consommation et de production d'énergie seraient de 30 à 35  milliards d'euros par an inférieures à celles du projet du gouvernement.