Quelques mots sur l'actualité

Ce site traite du long terme et des actions à engager de suite pour le préparer. Nous n'avons pas de compétence particulière sur la conjoncture. Mais celle-ci est aujourd'hui tellement rude qu'il est difficile de l'ignorer ; d'ailleurs, elle nous parle, d'une certaine façon, du long terme.

- décembre 2013 :  une requête au Conseil d'Etat contre la réglementation thermique des bâtiments
- juillet 2013 : le débat sur la transition énergétique se contente de constater les désaccords

-avril 2013 : le débat sur la transition énergétique évoque enfin les coûts  le plus dur est donc à venir
- mai 2010 : vote du Grenelle 2 : nos élus ont oublié de parler des coûts !
- 6 janvier 2010 :
En rejetant la taxe CO2 telle que votée par le Parlement, le Conseil constitutionnel a raison.
- 6 janvier 2010 : l'opinion la plus répandue est que la conférence de Copenhague fut un échec. Mais les espoirs que certains avaient formés étaient-ils fondés ?
- 23 décembre 2008 : La baisse du prix du pétrole ; M. R. Lion, président de Greenpeace :  la relation entre finance et lutte contre les émissions 

- Août 2008 : Le prix du pétrole reste haut mais il  est en baisse.  Pour que les investissements utiles soient décidés, l 'Etat devrait s'engager sur un prix minimum à la consommation finale.
- Août 2008- Le président de la République a annoncé le lancement d'un nouveau réacteur nucléaire ; Peut-être un nouveau problème : comment réguler efficacement un duopole de production nucléaire
-Août 2008 :  Un rapport sur une "chronique normative de la valeur du carbone" ; un non sens !
- Juin 2008 :  Le prix du pétrole est très élevé ; l'Etat n'aurait-il donc plus rien à décider ?  juin 2008

- En septembre 2006  -  en janvier 2007 L'évolution du prix du pétrole
-
Eté 2006 : Le programme biocarburant : l'introduction d'E85 : c'est très cher ! 
-
Mai 2006 : Le crash du marché européen du CO2
- Mai 2006 :  Une nouvelle parution : un rapport de l'Assemblée nationale sur l'effet de serre
- Avril 2006 : La hausse du prix du pétrole - encore

- Juillet 2005 :  La flambée des cours du CO2 sur le marché européen 
- Juillet 2005 : Le sommet du G8 de juillet 2005 : le vrai départ ?
- Avril 2005- Le système européen de "marchés de quotas" s'est mis en place ; un nid d'effets pervers.

- Mars 2005 : Un objectif de réduction des émissions d'ici 15 ans ? Il est à côté de la question
- Octobre 2004 :  La hausse du prix du pétrole, quels enseignements pour préparer le long terme - écrit en octobre 2004 et relu en octobre 2005 puis en août 2008
- La Russie ratifie le protocole de Kyoto - est-ce important ?

 

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décembre 2013

Une requête a été déposée auprès du Conseil d'Etat pour annuler la réglementation thermique du bâtiment

La loi de Grenelle 1 met la lutte contre l'effet de serre au premier rang des priorités de la politque de l'énergie. Elle dit aussi qu'une réglementation fixera un plafond de consommation d'énergiepar les bâtiments neufs et que ce plafond sera modulé pour favoriser l'utilisation d'énergies peu émettrices de CO2. Or la réglementation thermique ne tient pas compte du fait que la production et la consommation d'électricité émettent beaucoup moins de de CO2 que le fioul ou le gaz. Quant à la biomasse et à la géothermie, la loi tient un peu compte du fait qu'ils émettent peu de CO2, mais très imparfaitement. Le résultat est que la réglementation conduit à choisir des modes de chauffage qui sont plus coûteux que d'autres qui à la fois émettent moins de CO2 et coûtent moins cher. Elle agit ainsi contre l'objectif de la loi qu'elle est censée appliquer.
Une requête a été déposée auprès du Conseil d'Etat par l'association Sauvons le Climat au début de juillet 2007. Les ministères ont répondu en affirmant que l'objectif de diminution de la consommation d'énergie est le principal et que l'objectif de diminution des émissions de CO2 est "subsidiaire". Il est même dit que cet objectif a été fixé "au soutien" de l'objectif de diminution de la consommation d 'énergie, ce qui est une contrevérité flagrante.



juillet 2013


Le débat sur la "transition énergétique"  se contente de constater les désaccords - le plus dur est donc à venir

Il fallait un débat sur l'énergie, bien sûr ! Mais, vraiment, quelle curieuse idée a eue le pouvoir de prétendre en indiquer les principales conclusions avant même que le débat s'engage ! Pourquoi - mais pourquoi donc ? - vouloir ramener à 50 % la part de l'électricité nucléaire ? Pourquoi vouloir, à tout prix, c'est à dire sans même tenir compte des coûts - pourquoi vouloir augmenter la part de production d'électricité éolienne et photovoltaïque ? Pourquoi avoir déclaré que la centrale de Fessenheim devait être fermée alors qu'elle est en parfait état de marche ?

Ce débat aura du moins montré que ces "oukases" ne passent pas. Cela fera sans doute réfléchir.

Tout le monde se dit d'accord pour diminuer la consommation d'énergie dans les bâtiments existants. C'est facile à dire en effet. Mais, là aussi, ne faudra-t-il pas tenir compte des coûts ? Une fois que l'on sera équipé d'une pompe à chaleur, si l'on fait des travaux qui diminuent les pertes thermiques du bâtiment de 1 MWh par an, on économisera 0,4 MWh d'électricité. Si l'électricité est, disons, à 140 €/MWh, pour diminuer les pertes de chaleur d'1 MWh/an, il sera donc injustifié de dépenser plus de 1000 €. C'est dire qu'il sera inutile de faire des travaux très coûteux d'économie d'énergie.

On en revient à cette vérité de base que le débat sur l'énergie semblait avoir oubliée : l'objectif  n'est pas d'économiser l'énergie, il est de consommer moins de fioul, de gaz et de carburant pétrolier ce qui est radicalement différent. Et cela en dépensant aussi peu que possible !

C'est l'objet de  Moins de CO2 pour pas trop cher  - chez L'Harmattan. Dans le tableau de ressources et emplois d'énergie qui divise par trois les émissions de CO2 avec le minimum de dépenses , les usages hybrides de l'énergie sont généralisés dans le transport et le chauffage, le nucléaire et le renouvelable représentent chacun  près de 40 % de l'énergie finale, la capacité nucléaire est augmentée. Si celle-ci était diminuée, les dépenses seraient supérieures de 20 milliards d'euros par an.



Avril 2013
Le débat sur la "transition énergétique" évoque enfin les coûts et la compétitivité du pays

Fort heureusement, plusieurs voix se sont élevées avec force pour  montrer qu'il est absurde de prétendre que la décision de diminuer la capacité nucléaire aurait déjà été prise "démocratiquement" au moment d'élire le président de la République.
Quelques scénarios font donc l'hypothèse d'une augmentation de la capacité nucléaire ; ces scénarios ont l'appui des syndicats et des représentants des entreprises. Ils répondent à la volonté des associations de consommateurs de modérer la hausse du prix de l'énergie. Ils seraient en effet  beaucoup moins coûteux que d'autres qui supposent une diminution de la capacité nucléaire.

Par ailleurs, les graves désordres causés par le développement des éoliennes et du photovoltaïque en Allemagne sont de plus en plus visibles.

Après une période romantique, où l'on nous a parlé de changement de comportement, de changement de civilisation, de révolution de la "gouvernance", d'autonomie énergétique à l'échelle de la région,  où l'on a occulté les dépenses que causerait la rénovation thermique profonde de tous les logements existants, allons-nous enfin entendre raison ?

Il appartient désormais à l'administration d'étudier les différentes hypothèses qui ressortent du débat, puis aux élus de prendre des décisions.






Vote de la loi Grenelle 2 : nos élus ont oublié de parler des coûts

La loi Grenelle 2 est un monument qui conclut une longue démarche, engagée durant l'été 2007. On peut saluer le travail réalisé dans tous les domaines touchant à l'environnement. On peut saluer également la démarche, qui a réuni les conditions pour que les associations écologistes discutent avec les syndicats et les chefs d'entreprise. Mais le résultat souffre de deux faiblesses que je laisse au lecteur le soin de qualifier.

Première faiblesse : on nous parle d'économie d'énergie, et même d'énergie primaire alors que l'objectif est de diminuer les émissions de CO2 ou/et l'autonomie énergétique (les deux objectifs sont équivalents), ce qui passe par une économie d'énergie fossile ; or il est souvent possible de diminuer les émissions en augmentant la quantité d'énergie primaire consommée (réseau de chaleur à la biomasse, production de biocarburant avec apport de chaleur extérieure, chauffage hybride fioul-électricité par exemple).

Deuxième faiblesse : l'Etat ne fixe pas de critère pour distinguer ce qui est utile de ce qui est inutilement coûteux.
Bref, l'Etat chef d'orchestre se trompe de partition et ne nous donne pas le la.

Ces deux faiblesses combinées ont conduit les députés à donner des objecifs d'isolation des bâtiments qui se traduiront par des coûts rédhibitoires, à fixer un objectif de production d'éoliennes inutilement coûteux et un objectif de production de photovoltaïque délirant. Pas étonnant : comment l'Etat peut-il résister aux lobbies s'il n'a pas de critère ?

Espérons que l'on évitera le pire en rédigeant intelligemment les réglementations techniques et les décrets d'application de cette loi. Par ailleurs, la réalité économique et budgétaire se rappellera à nous lors de l 'examen des nombreuses niches fiscales créées par la loi Grenelle 2.

Le journal "les Echos" avait publié un article assez explicite sur le sujet, le 23 avril ; mais les députés ne l'ont sans doute pas lu...


En rejetant la taxe CO2 telle que votée par le Parlement, le Conseil constitutionnel a raison.
écrit en janvier 2010

Le Conseil constitutionnel a rejeté la loi pour deux raisons : tous les citoyens et les entreprises ne seraient pas traités de la même façon ; et la taxe serait inefficace, du fait de son montant et du grand nombre d'exemptions.
Sur le montant de la taxe, il est aisé de répondre que ce n'est qu'un début. Le rapport Rocard, qui a étudié cette question, prévoit que la taxe devra être portée à 100 euros par tonne de CO2, ce qui n'est pas rien
Quant aux exemptions, elles sont de deux types très différents.
1-
Certaines catégories d'utilisateurs dont on juge qu'ils ne peuvent pas se passer d'énegie fossile : ils bénéficient d'une exonération partielle. Le rapport Rocard avait judicieusement recommandé de ne pas diminuer le montant de la taxe. Si certaines catégories de consommateurs sont très gênées, la solidarité nationale doit s'exercer par une dotation forfaitaire indépendante de la consommation effective d'énergie fossile. De la sorte, la force du "signal-prix" ne sera pas diminuée. Donc le conseil Constitutionnel a raison sur ce point.

2- Les enteprises qui participent au "marché du CO2" : la Conseil constitutionnel a décidé que ces entreprises doivent également payer l'impôt, au nom de l'égalité devant l'impôt. L'opinion générale est qu'il n'a pas bien compris. Or, à mon avis, il a raison. Les entreprises qui participent au marché du CO2 sont soumises à une contrainte puisqu'elles ne doivent pas dépasser une limite d'émission sauf à acquérir des doits d'émettre. Comme elles ont reçu un quota gratuit, tout se passe comme si elles étaient soumises à un impôt d'un montant égal au cours du permis d'émettre sur ce marché avec une franchise égale au quota gratuit qu'elles ont reçu. Or sur un marché bien informé et dont les structures sont stabilisées sur le long terme, le cours du permis d'émettre dépend directement du prix de l'énergie fossile. En effet, si celui-ci est très élevé, toutes les entreprises réduiront leur consommation d'énergie fossile au point de respecter leurs quotas d'émission sans avoir besoin de "permis d'émettre". Le cours du "permis d'émettre" sera nul. Tout se passera donc comme si la taxe était nulle alors que les consommaeurs soumis à la taxe devront payer non seulement une énergie chère mais aussi une taxe dont le mmontant de cessrea d'augmenter. Il y a donc bien une inégalité profonde entre ceux qui participent au marché du CO2 et ceux qui sont soumis à la taxe. Les premiers sont à peu près préservés des fluctuations du prix de l'énergie fossile, et non les seconds. Le conseil Constitutionnel a raison.
Cela amènera-t-il le gouvernement et le Parlement à décider que le montant de la taxe doit dépendre du prix de l'énergie fossile ?


Que penser ds résultats de la conférence de Copenhague en décembre 2009
écrit en janvier 2010

Un échec ? Comment peut-on avoir pensé que B. Obama se serait engagé sans avoir l'accord de son Congrès ? L'expérience de Kyoto est suffisante sans doute. Qui plus est, B. Obama était sur le point de faire adopter son grand projet sur le financement de la santé ; il n 'allait pas brusquer le Congrès ! Donc, comme il l'a reconnu lui-même, son engagement est en deçà de qui sera nécessaire. Sans engagement significatif des Etats-Unis, comment la Chine pouvait-elle s'engager ? Par ailleurs, on n'est vraiment pas clair sur ce que l'on peut légitimement attendre de pays qui émettent aujourd'hui deux fois moins que l'Allemagne par exemple, comme la Chine, six fois moins comme le Vietnam. Tant que l'on n'aura pas dessiné des trajectoires de développement des pays en développement, on parlera dans le vide. J'y ai travaillé avec le Vietnam  ; le décalage avec nos discours de pays riches est impressionnant. Copenhague montre aussi que la voie d'une négociation à 200 pays dont l'objet est limité à l'effet de serre n'est sans doute pas la bonne. Il sera plus efficace de faire entrer le climat dans une négociations de portée générale entre quelques pays seulement



La baisse du prix du pétrole
Ecrit en décembre 2008

Le pétrole est passé sous 40 $/bl et l'euro remonte à 1,40 $, ce qui met le pétrole, en euros, à un prix fort modéré. Nous l'avions, sinon assurément prévu, du moins sérieusement envisagé. En France, l'Etat ne peut rien sur le prix du pétrole ; par contre il a la possibilité de fixer le prix à la consommation finale : comme je le dis ici depuis des années, une bonne politique serait de faire augmenter ce prix à partir du niveau actuel au rythme de 1,5 c€/l TTC chaque année, en créant un impôt qui s'adapte au prix du pétrole. Mais, pour convaincre de consommer moins d'énergie fossile, il est tellement plus facile, pour un élu, d'alerter ses concitoyens sur la hausse INELUCTABLE (?!)du prix du pétrole que de créer un impôt qui augmente le prix du fioul, du gaz ou du carburant que l'on ne s'étonne pas de l'unanimité avec laquelle on nous a affirmé que le pétrole coûterait toujours plus cher ! Comme je l'ai écrit dans "trop de pétrole !", voilà encore une péripétie qui ne renforce pas la fiabilité du discours public.

La finance et la lutte contre l'effet de serre...

 La crise financière et les révélations qu'elle entraîne ogligent à douter de tout, des agences de notation, des organismes à qui l'Etat a confié la surveillance des marchés, des banques les plus réputées. D'autres informations sur des mouvements de fonds entre élus, entreprises et associations renouvellent la défiance envers les politiques. C'est alors qu'on append que Robert Lion prend la présidence de Greenpeace et que Bruno Rebelle  a créé une société de conseil.
Robert Lion a été longtemps président de la Caisse de dépôts et se montre très actif dans la "finance carbone" ; Bruno Rebelle prospecte les sociétés les plus riches pour leur donner des conseil en communication...

Où nous mènera l'alliance de la lutte contre l'effet de serre et de la finance ?  La finance est un échange entre confiance et monnaie ("je te paie car je te fais confiance") qui s'appuie sur des échanges de biens et services concrets. La finance carbone est un trafic de confiance qui s'appuie, non pas sur quelque chose de concret, mais sur une notion, le fait d'émettre moins de carbone qu'hier ou moins de carbone que ce que j'émettrais si ne n'y faisais pas attention, une notion qui n'a de "valeur" qu'a la suite d'une décision des Etats : la finance carbone est le fruit d'un empilement de concepts, de notions abstraites et de confiance mille fois plus fragile que les arcitectures financières. C'est dire !

La valeur du carbone dépend de la limite des émissions fixée par le pouvoir politique, des techniques qui permettent de ne pas consommer d'énergie fossile et du prix du pétrole. Par exemple, la "valeur" de la tonne de carbone est de 200 € avec un pétrole à 50$/bl, elle devient NULLE lorsque le pétrole vaut 75 $/bl. Si l'objectif est de diviser les émissions françaises par deux et si l'on n'augmente pas la capacité nucléaire, avec un pétrole à 50 $/bl, la valeur du carbone sera  peut-être de 400 €/tC ; si l'on augmente suffisamment la capacité nucléaire, elle sera de 200 €/tC mais sera de 400 pour diviser nos émissions par trois et de 600 ou davantage si l'on augmente insuffisamment la capacité nucléaire.

Voilà donc un beau terrain de jeu pour les spéculateurs : ils pourront spéculer non seulement sur ce que pourrait être la valeur du carbone "toutes choses égales par ailleurs", mais aussi les décisions publiques (niveau des émissions et production d'énergie nucléaire notamment) et sur le prix du pétrole. Voilà donc un terrain de jeu encore plus excitant pour ceux qui ont plus d'informations que les autres et encore plus excitant pour ceux qui ont une parcelle de pouvoir sur les décisions publiques. Que de tentations pour de nouvelles connivences entre le pouvoir et la finance, et quels beaux terrains pour un lobbying d'une nouveau type !

J'ai eu une seule conversation avec M. Rebelle, qui avait lu "Trop de pétrole !". Je lui ai dit : "La lutte contre le nucléaire pouvait se justifier tant que l'on pouvait espérer éradiquer le nucléaire civil de la surface de la terre. Désormais, quoi qu'on en pense, on sait que ce ne sera pas possible ; ne cherchez donc plus à vous opposer au nucléaire, c'est un combat perdu ; de plus il va contre les intérêts des pays qui auront le plus de difficulté à s'adapter au réchauffement climatique ; c'est un combat qui repose donc seulement sur le NIMBY, un combat égoïste. Mais orientez différemment et utilement votre esprit de constestation pour faire en sorte que le nucléaire reste toujours aussi sûr ; par exemple, plaidez pour le nucléaire soit préservé de la pression de la concurrence, qui n'est pas favorable à la sécurité". Avec R. Lion, on ne peut pas penser que Greenpeace veuille faire disparaître le nucléaire du paysage français. Par contre, si nous voyons Greenpeace agir pour que le nucléaire ne se développe pas, nous en connaîtrons une bonne raison : cela fera monter le coût du carbone - est-il utile d'en chercher d'autres ?


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Le prix du pétrole reste haut mais il  est en baisse. Et alors ?
Que l'Etat s'engage sur un prix minimum à la consommation finale.


écrit en août 2008


Au début août 2008, le prix du pétrole est repassé au-dessous de 120$/bl. C'est très élevé, mais c'est moins que ce ne fut et beaucoup moins que ce que certains nous annonçaient.

Comme je l'ai écrit bien souvent sur ce site et ailleurs, le prix du pétrole n'a aucun effet sur la liste des actions à mener pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Mais la baisse du prix du pétrole va rendre non rentables des actions pourtant utiles. Il faudra donc 1- ou bien les rendre obligatoires 2- ou bien les subventionner 3- ou bien augmenter le prix à la consommation finale de l'énergie fossile. En fait, il faudra créer un impôt pour pouvoir les subventionner. Mais auparavant, que l'Etat fixe une chronique de prix minimum du fioul, du gaz et et du carburant ! Il n'y aura d'impôt carbone que si le prix, hors cet  impôt, est inférieur à ce prix minimum.

Ce prix plancher pourrait partir aujourd'hui de 800 €TTC par m3 de fioul, 70 € par MWh de gaz et 1,25 € par litre de gazole et augmenter chaque année, en monnaie constante, de  10 €/m3, 1 €/MWh et 1c€/l . Cela laisserait  la possibilité d'une baisse du prix si le prix du pétrole baisse. Mais l'affichage de ce prix plancher augmentant d'année en année invitera tout un chacun à prendre des décisions qui diminueront beaucoup nos émissions, surtout si l'Etat s'engage réellement.

Que l'Etat s'engage réellement ! De nouveaux outils financiers pour crédibiliser l'engagement de l'Etat.

L'Etat ne sera pas cru par tous s'il dit qu'il mettra un impôt obligeant le prix à la consommation finale à ne pas être inférieur à un prix plancher qui, lui-même, augmentera d'année en année. Il ne sera pas assez crédible pour susciter des investissments lourds en biocarburant de seconde génération, véhicules hybrides, réseaux de chaleur, etc. Mais il sera crédible s'il fait des prêts dont les conditions de remboursements dépendront du prix effectif de l'énergie fossile à la consommation finale.

Voilà les nouveaux outils financiers dont a besoin la lutte contre l'effet de serre !

Tout cela est proposé  dans "Trop de pétrole !"



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Le président de la République a annoncé le lancement d'un nouveau réacteur nucléaire

écrit en août 2008

Bravo ! Il n'était que temps. En réalité, c'est deux réacteurs qu'il faudrait lancer chaque année si l'on veut développer les véhicules hybrides, produire du biocarburant de seconde génération de façon efficace, multiplier les pompes à chaleur et utiliser efficacement l'électricité, là où le chauffage est au fioul, en préchauffant  l'eau avant le retour à la chaudière sauf pendant les périodes de pointe de consommation d'électricité (la résistance sera télécommandée par le fournisseur d'électricité sans que le consommateur ne se rende compte de rien).

Peut-être un nouveau problème : comment réguler efficacement un duopole de production nucléaire

Si le deuxième réacteur est construit par GdF Suez, il y aura en France deux producteurs d'électricité nucléaire. Comment réguler ce duopole ? La chose serait très facile si la capacité nucléaire totale était inférieure à la demande de base : toutes les centrales fonctionneraient au maximum technique. C'est le rêve d'un producteur d'électricité car il se fait alors des superbénéfices égaux à une ou deux fois ses dépenses ! Mais si la capacité totale est proche de l'optimum, la concurrence dans un duopole ne peut pas conduire à l'optimum. Il faudra que l'Etat continue à fixer les tarifs. Peut-être faudra-t-il aussi obliger les deux fournisseurs à ne vendre qu'à un seul entité publique, qui aurait le monopole de vente aux fournisseurs d'énergie : on combinerait alors un  monopole en amont pour la vente d'électricité et une libre concurrence en aval pour la vente d'énergie.





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Un rapport sur une "chronique normative de la valeur du carbone" ; un non sens !

Ce qu'il nous faut : une chronique normative du prix minimum à la consommation finale du fioul, du gaz et du carburant.


écrit en août 2008

A la demande du premier ministre, le CAS, Centre d'analyse stratégique, a proposé une "chronique normative de la valeur du carbone", indépendante du prix du pétrole. C'est un non sens.

Explication : pour évaluer une décision publique en tenant compte des pollutions, une méthode est d'ajouter quelque chose aux coûts des processus qui génèrent ces pollutions. C'est une démarche classique. Elle se poursuit logiquement en mettant un impôt sur les produits qui sont la cause de ces pollutions, une taxe "à la Pigou". Ce que l'on rajouterait serait, ici, la "valeur du carbone". La difficulté tient à ce que les pays producteurs de pétrole, de gaz ou de charbon, en vendant leurs produits beaucoup plus cher que le prix de revient, font comme s'ils prélevaient eux-mêmes une bonne partie de cette taxe. Ce qui doit être perçu dans le pays consommateur devrait donc dépendre de ce qui est déjà prélevé sans qu'ils n'y puissent rien. Il est donc impossible de fixer une valeur normative du coût du carbone indépendante du prix du pétrole. Si la valeur du carbone est de 400 € par tonne (soit environ 100 €/tCO2) le prix du pétrole étant à 60 $/bl (avec un euro à 1,5 $), elle est de 200 €/tC avec un pétrole à 90 $/bl et zéro avec un pétrole à 120 $:/bl. comment peut-on parler d'une valeur normative du carbone indépendante du prix du pétrole ? Cela me paraît incompréhensible !

Ce qui décidera les investissements, ce n'est pas une valeur du carbon s'ajoutant à un prix du pétrole imprévisible, c'est un prix prévisible à la consommation finale du fioul, du gaz et du carburant.

Voilà la chronique normative que l'Etat devrait fixer : une chronique normative du prix à la consommation finale de l'énergie fossile ou, à tout le moins, une chronique normative de leurs prix planchers.


 

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Cette note est écrite en juin 2008

Le prix du pétrole est très élevé ; l'Etat n'aurait-il donc plus rien à décider ?

En janvier 2007, je notais que le prix du pétrole était passé en dessous de 50 $/bl. Or, depuis quelques mois il dépasse les 120 $/bl. Comme le dit le ministre du pétrole d'Arabie saoudite, le prix du pétrole est devenu fou. Comment prévoir le comportement d'un fou ?

On en voit les conséquences : les pays pauvres sont matraqués par ces prix et le prix des denrées alimentaires explose. Les causes sont nombreuses mais la demande insensée de biocarburant n'a fait qu'aggraver la situation. Enfin, la vérité éclate sur les biocarburants tels qu'on les produit aujourd'hui - ce que nous avons toujours dit ici  et dans un rapport publié sur le site du ministère de l'industrie-. Autre conséquence dont les effets sont encore cachés : des transferts de richesses colossaux vers les pays producteurs d'énergie fossile (près de 1000 milliards de dollars par an) ; nous serons tout étonnés un jour de voir que nos entreprises auront été rachetées par ces fonds, qu'il soient "souverains" ou non.

Nous écrivons sur ce site que, pour diviser nos émissions par deux ou trois, il pourrait suffire de mener les actions qui coûtent moins que ce coûterait l'utilisation de gazole à 1,5 €/l ou de gazole à 1000 €/m3 TTC. Le prix du pétrole correspondant dépend, bien sûr de la valeur de l'euro. Or, depuis le début de 2007, la valeur de l'euro est passée de 1,25 $ à 1,5 $. Le prix du pétrole équivalent à 1,5 €/l de gazole ou 1000 €/m3 de fioul n'est donc pas de 100 $/bl mais de 120 $/bl.

Donc, si on oublie les conséquences fâcheuses ou dramatiques de la hausse du prix du pétrole, du côté de l'effet de serre tout irait bien ! L'Etat n'aurait-il plus rien à faire pour que la consommation d'énergie fossile diminue énormément ? Que non ! Tout d'abord, rien ne dit que la hausse du prix du pétrole durera. Tous les arguments présentés à ce propos sur ce site restent valables : il est possible de produire du carburant pour beaucoup moins cher ; il est possible également de diminuer nos besoins d'énergie fossile. Mais cela demande du temps. Donc les prix resteront à ce niveau très élevé et pourront même monter mais seulement le temps qu'il faut aux producteurs et aux consommateurs pour s'adapter. Ensuite, le prix mondial du pétrole, du gaz, du charbon restera élevé seulement si les pays détenteurs s'entendent et forment un cartel solide pour limiter drastiquement les ventes. Ils pourront le faire, en se réclamant de la lutte contre l'effet de serre - et en continuant d'empocher des rentes gigantesques. Nous serons alors face à un problème de sécurité d'approvisionnement qui trouvera son origine non pas dans le manque d'énergie fossile mais dans la décision politique des pays détenteurs appuyée (au moins rhétoriquement) sur la lutte contre l'effet de serre.

Que doit faire l'Etat ?

Fixer une chronique de prix plancher à la consommation finale

Tout d'abord il doit convaincre les consommateurs que les prix à la consommation finale resteront élevés. Il ne faudrait pas qu'il se contente d'affirmer que le prix du pétrole sur le marché mondial restera élevé. Il faut qu'il ajoute que si ce prix diminue,  il mettra un impôt sur l'énergie fossile de sorte que le prix à la consommation finale reste supérieur à un prix plancher qui, lui, augmentera progressivement et de façon prévisible. Quelle que soit l'évolution du prix mondial, tout le monde en France aura donc intérêt à se préparer à payer son énergie fossile plus cher que dans les années passées. En même temps, l'Etat compensera par des aides sociales les effets de ces décisions sur les faibles revenus. J'ai présenté cela dans "Trop de pétrole !" et, plus récemment, dans un article paru dans les Echos

Augmenter la capacité de production d'électricité nucléaire et fixer le prix de l'électricité

Pour diminuer nos émissions au moindre coût, l'Etat devrait également lancer de suite la construction de deux ou trois tranches nucléaires par an. Or le gouvernement  n'en parle pas ; mais on prévoit la construction de centrales au gaz ou même au charbon !
Redisons-le : il est évident qu'une centrale nucléaire qui tourne sans arrêt coûte moins cher qu'une autre qui ne tournerait que 20 % du temps mais une centrale qui tourne 20 % du temps produit une électricité moins cher si c'est une centrale nucléaire que si c'est une centrale à partir de gaz ou de charbon (en incluant le coût du CO2 correspondant à une division par trois des émissions). L'Etat devrait également continuer de fixer lui-même le prix de l'électricité aux particuliers et aux petits consommateurs.
Or l'intérêt d'EDF est 1 - de ne pas augmenter sa capacité en France et 2- de fixer ses prix au niveau du prix de revient de ses concurrents.
En effet, tous les producteurs d'électricité nucléaire ont intérêt à ce que les capacités nucléaires ne suffisent pas à répondre à la demande d'électricité car, pendant les heures où il en est ainsi, le prix est fixé par les autres modes de production, qui sont beaucoup plus coûteux.
L'intérêt d'EDF est donc complètement opposé à l'intérêt des consommateurs (un prix aussi bas que possible) et à l'intérêt du pays (la sécurité d'approvisionnement).
Cette situation, tout à fait nouvelle en France, est lourde d'incertitudes inquiétantes.
Nous aurons besoin d'électricité pour les véhicules hybrides rechargeables, pour produire du biocarburant en utilisant efficacement la matière organique, et aussi pour se chauffer avec un "chauffage hybride" combinant l'électricité et, pendant quelques centaines d'heures par an, le fioul ou le gaz :  il suffira  d'ajouter un ballon avec une résistance électrique à la chaudière au fioul ou au gaz qui équipe des millions de logements et de couper l'électricité pendant les heures où l'électricité coûte le plus cher. Ces besoins se chiffrent en dizaines de GW, c'est à dire environ un doublement de la capacité de production nucléaire, en trente ans.

L'Etat saura-t-il imposer à EDF les investissements et les prix qui correspondent à l'intérêt des consommateurs et à celui du pays ? Pour l'instant, il n'en a pas pas fait la preuve.

Eviter les réglementations qui obligeraient à faire des dépenses excessives

L'Etat n'a pas le droit de produire des réglementations qui obligent à faire des dépenses inutilement élevées ni de subventionner des opérations inutilement coûteuses. Ce serait une atteinte injustifiée à la liberté individuelle.
Or, sur l'isolation thermique des bâtiments, les intentions exprimées par le Grenelle de l'environnement sont tout à fait déraisonnables car beaucoup trop coûteuses. Il ne sert à rien de faire des travaux qui coûtent plus cher que les économies de chauffage calculées avec un fioul à 1000 €/m3 TTC ou un gaz à 80 €/MWh TTC. C'est du gaspillage car il serait possible de diminuer nos émissions pour moins cher. Les intentions du Grenelle de l'environnement, dont on trouve des traces dans un projet de loi, conduiraient l'Etat à financer des opérations qui ne seraient moins coûteuses que l'utilisation d'énergie fossile que si le fioul coûtait 2000 ou 3000 €/m3 TTC. Espérons que les députés sauront réagir !

Rappel (février 2012) : cette note étét écrite en juin 2008 -  le niveau de prix de référence dépend du coût du biocarburant et du coût des batteries. S1 le coût du biocarburant est de 1000 €/m3 HT, le prix de référence est 1,8 €/l de carburant à la pompe ou 1400 €/m3 de fioul, 140€/MWh de gaz, TTC.



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L'évolution du prix du pétrole en septembre 2006

              en janvier 2007, le prix du baril passe en dessous de 50 $/bl

En un mois le prix du baril est passé de plus de 75$/bl à 60 $/bl. Cela ne veut pas dire qu'il ne repartira pas à la hausse. Mais rappelons-nous les prévisions qui l'annonçaient à 100 $/bl à la fin de 2006. Cela ne s'est pas produit.

Sur ce site, qui traite de la façon de préparer l'avenir et non de la prochaine secousse conjoncturelle, nous avons toujours jugé que le prix du pétrole ne se stabiliserait pas au-dessus de 50 $/bl en valeur 2005, puisqu'il est possible de produire du liquide à partir de charbon à ce prix. Nous avons aussi rappelé que les schistes bitumineux peuvent être exploités à un coût de 35$/bl.

Ceux qui annoncent de fortes hausses du prix du pétrole ne se rendent sans doute pas compte qu'ils diffusent, en subliminal, un message pervers : ils disent aux responsables politiques qu'il n'est pas nécessaire de prendre des décisions qui conduisent à diminuer la consommation d'énergie fossile puisque la hausse des prix y pourvoira. Il faut prendre le contre-pied radical d'un tel message. C'est pourquoi le titre du livre (à paraître en janvier) qui rassemble les réflexions présentées sur ce site (en y ajoutant des considérations sur l'évolution de la gouvernance mondiale) est "trop de pétrole !" pour signifier, en fait, "trop d'énergie fossile !". Ce n'est pas un propos de circonstance. Depuis trois ans déjà , nous le disons et le répétons : l'humanité dispose de trois fois trop d'énergie fossile. La régulation ne peut donc pas être faite par le marché, mais par des décisions politiques.



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Le plan bioéthanol : E85. C'est cher !

Cela coûte plus de 1000 € par tonne de carbone évitée, alors que l'utilisation de biomasse comme chaleur libère du fioul, qui est du gazole, pour moins de 300 € par tonne de carbone évitée

Un plan bioéthanol a été annoncé, avec diffusion d'une "essence" à 85 % d'éthanol, l'E85.

Pour être compétitive avec le gazole, cette "essence", qui aura un pouvoir énegétique inférieur d'un tiers à celui du gazole, sera vendue 0,8 €/l soit 0,67 €/l hors TVA. Les frais de distribution d'un carburant sont de 0,08 €/litre. Ceux de cette "essence" seront supérieurs puisqu'il faudra créer tout un réseau nouveau. Au bas mot 0,15 €/l. L'éthanol pourra donc être acheté 0,52 €/l. C'est, à ma connaissance, le prix de revient annoncé par les producteurs d'éthanol. Cela veut dire tout simplement que, pour rémunérer le producteur d'éthanol comme il le demande, le bioéthanol devrait être à peu près complètement exonéré de TIPP.

Coût pour la collectivité : on fera une comparaison non avec la TIPP de l'essence, mais avec celle du gazole, de 430 €/m3. Si l'on considère que cette TIPP couvre les "coûts externes" de l'utilisation de la voiture (chaussées, encombrement, pollution, risques d'accident), elle devrait être prélevée également sur les utilisateurs d'E85, en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Elle devrait donc être de 280 €/m3. Une exonération totale serait donc une aide de 280 €/m3 d'éthanol, soit 430 €/m3 de carburant pétrolier remplacé, soit 570 € par tep, permettant d'éviter l'émission d'une tonne de carbone fossile..

Or, lorsque l'on produit 1 tep d'éthanol, on émet on émet en gaz à effet de serre l'équivalent de 0,4 tonne de carbone. L'aide à l'éthanol s'élève donc, selon ce calcul à 1000 € par tonne de carbone évité, avec un pétrole à 65 € par mètre cube.

Si l'on avait faisait une comparaison avec la TIPP applicable à l'essence, l'aide fiscale serait calculée à 1500 € par tonne de carbone.

Si le prix du pétrole baisse (il est probable qu'il baissera), pour que l'éthanol trouve son débouché, il faudra d'autres aides, soit des aides à l'agriculture, soit un obligation d'incorporation faite aux distributeurs, qui se traduira pas une hause du prix moyen du carburant.

Pour développer l'utilisation de biomasse comme chaleur, ce qui libère du fioul, qui est un carburant, il suffit de 300 €/tonne de carbone, en supposant le pétrole à 50 $/bl, 200 €/tC si le pétrole est à 65 $/bl.




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Le crash du marché européen du CO2 - mai 2006

Au début de mois de mai, en une journée, le cours du permis d'émettre du gaz carbonique a chuté des deux tiers de sa valeur. Certains en attribue la cause à l'une ou l'autre de ces deux informations, données la veille : l'une par l'observatoire de l'énergie du ministère de l'industrie montrant que la consommation d'énergie en 2005 n'avaiat pas augmenté et une autre relative aux émissions par les nouveaux membres de l'Union européenne, largement au-dessous de leur quota. Ces informations sont-elles la cause du crash ; ou bien les causes sont-elles plus profondes.

En tous cas ce crash me réjouit car il démontre l'ineptie de ce marché, que j'avais analysée il y a près d'un an dans un article paru dans le Monde.  Pour qu'un tel système fonctionne, il faut que trois conditions soient réunies : la profondeur temporelle, car en entreprise industrielle a besoin de vingt ans pour modifier ses émissions significativement ; l'existence d'une membrane qui permette de faire une différence entre les entreprises soumises à une contrante et celles qui ne le sont pas, sinon, les entreprises soumises à une contrainte arrêteront leur production au profit d'autres établissements industriels situés hors de ce périmètre ; l'Europe y aura perdu et l'atmosphère n'y aura rien gagné. La troisième est une bonne police. Admettons que la troisième condition soit remplie, aucune des deux premières ne l'est. Avec la hausse du prix du pétrole, le prix de marché du quota (jusqu'à 27 €/tCO2) fait monter le coût marginal de l'énergie si haut que certaines entreprises ne vont plus planifier d'investissement ; certes, aujourd'hi elles continuent de fonctionner mais si le marché avait une profondeur temporelle suffisante, elles auraient déjà vendu les quotas qu'elles n'utiliseront plus lorsque leurs machines devront être remplacées, ce qui aurait fait baisser le cours du quota. Ainsi, le cours du permis aurait diminué avec la hausse du prix du pétrole. Il augmentait, au contraire. Et les analystes, unanimes, vous disaient que c'était normal. Il a chuté. Peut-être, remontera-t-il. En tous cas il a montré son instabilité car il n'est fondé que sur des rumeurs ou des anticipations hasardeuses de ce que sera la politique des Etats.

voir  ici une analyse du marché de parties de quotas

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Un rapport de l'Assemblée nationale sur l'effet de serre

La mission présidée par M. Le Déhau  a pris conscience de la gravité du changement climatique qui se prépare, si l'humanité n'y prend garde. On notera avec satisfaction que le rapport fait l'unanimité des membres de la mission d'information, toutes appartenances politiques confondues. Mais il ne présente pas un tableau d'ensemble  de la producion et de la consommation d'énergie, ce qui  empêche de se rendre compte des ordres de grandeur (la production de biogaz occupe autant de place que la production d'électricité nucléaire  ou que la biomasse par exemple). Et le rapport fait complètement l'impasse sur les coûts. Il ne peut donc pas hiérarchiser les actions à mener pour diminuer les émissions.

Par contre, il donne des informations très intéressantes sur l'action d'autres pays, note avec justesse que ces actions sont loin de répondre aux enjeux et prend position très nettement pour la création d'un impôt spécifique sur le contenu en carbone fossile des différentes formes d'énergie. Il dit aussi que le systèmes européen de permis négociables ne peut être maintenu que si est créée une taxe à l'entrée de l'Union européenne des produits venant de pays qui ne sont pas oumis aux mêmes contraintes - ce que nous avons écrit ici depuis longtemps.

Pour prendre connaissance du rapport

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Le cours du pétrole atteint 75 $/bl.

Ecrit en avril 2006

Le prix de l'essence à la pompe en France atteint 1,4€/l. Alors, les émissions françaises vont-elles être rapidement divisées par trois sans intervention particulière de l'Etat ?

Non pour plusieurs raisons.

Lorsque je dis que le prix du carburtant devra être porté à 1,4 €/litre, il s'agit du gazole, avec une TIPP qui est inférieure à celle de l'essence. Et, de plus, il faut ajouter l'effet de l'inflation depuis deux ans. Par ailleurs, je continue de penser que le prix du pétrole se stabilisra à un niveau largement inférieur à 75 ou même 60 $/bl. Mais il faut  attendre pour cela que les  producteurs de pétrole aient accumulé un montant de marge qui leur permette de financer de nouveaux équipements qui produiront un pétrole ou d'autres formes d'énegie pour moins de 35 $/bl puis que ces investissements soient réalisés. Il se peut que le prix monte encore, surtout si la tension avec l'Iran continue de s'aggraver. Mais à terme de dix ou vingt ans, ce pic de prix sera passé. Il n'y a donc rien à changer à ce que j'avais écrit il y a dix-huit mois.

Comment la lutte contre l'effet de serre peut-elle profiter de cette flambée des prix du pétrole ? Nous pouvons réagir de deux façons : ou bien faire moins de voyages en voiture et diminuer la température de nos logements ; lorsque le prix baissera, nous reviendrons à nos habitudes antérieures. Ou bien nous équiper de chauffage au bois ou de pompes à chaleur, mieux isoler notre logement et acheter un voiture qui consomme beaucoup moins.
Alors, lorsque le prix baissera, nous n'augmenterons pas  nos émissions ; mais nous risquons de trouver que nous avons dépensé trop d'argent en investissement...

... sauf si nos dirigeants politiques nous disent qu'en cas de baisse du prix du pétrole, le prix à la consommation finale ne diminuera pas beaucoup car un impôt sur les énergies fossiles aura été institué ; il justifiera ainsi les investissements réalisés pour avoir moins besoin d'énergie fossile.


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La flambée des cours du CO2 sur le marché européen

Début juillet, le cours du permis d'émettre du CO2 passe à 20 €/T de CO2, ce qui correspond à  plus de 80 $/T de carbone ou 12 $ par baril de pétrole. Alors que le pétrole en spot passe au dessus de 60 $/bl, la contrainte CO2 en augmente encore le cours de plus de 10 $. Comment expliquer cette hausse du cours du CO2 alors que le prix du pétrole augmente ce qui, raisonnablement, devrait faire baisser le cours du permis ? Il y a des explications compliquées : comme le prix du pétrole augmente, le prix du gaz augmentera donc les producteurs d'électricité utiliseront plus de charbon qu'ils n'avaient prévu ; ils auront donc besoin de plus de permis, donc le prix augmentera.

En fait le prix du permis dépend essentiellement de la quantité globale de permis accordés par l'ensemble des Etats qui participent au dispositif. Or personne, pas même les Etats, ne connaît cette quantité sur la période qui suit 2008 alors que tout investissement de production d'électricité s'évalue sur plusieurs décennies. Lorsque les Etats se rendront compte qu'en imposant des contraintes à des industries (cimenteries, sidérurgie, production d'aluminium, industrie chimique) en concurrence avec d'autres qui ne sont pas soumises aux mêmes contraintes, ils se "tirent une balle dans les pieds", ou bien ils mettront fin à ce système insensé, ou bien ils accorderont suffisamment de quotas pour que les entreprises n'aient pas besoin d'en acheter, et le cours du permis s'effondrera.

Faute de connaître les décisions des Etats sur les trente ans à venir,  le marché est purement spéculatif. Quelques traders habiles ou chanceux en profitent déjà sans doute largement ; merci pour eux. Et les entreprises consommatrices d'énergie hésitent à investir en Europe ; tant pis pour les emplois menacés et pour notre avenir industriel !


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Le sommet du G8 de juillet 2005, le vrai départ ?

A l'heure où nous écrivons, le 8 juillet, il semblerait que se soit dégagé un accord de principe avec les Etats-Unis, la Chine et l'Inde pour que l'après Kyoto se traite non pas sur des engagements d'émissions mais sur des politiques et des échanges de technologie entre les principales puissances économiques, y compris celles qui "émergent", comme on dit. C'est bien la méthode que nous avions prévue ici : comment des Etats peuvent-ils en effet, comme à Kyoto, s'engager sur des quotas, c'est à dire sur les résultats d'une politique qui ne peuvent apparaître que dans quelques décennies ? Ce sont des fonctionnaires américains, sous la pression d'économistes prosélytes du "marché", qui ont eu l'idée de ces marchés de quotas en espérant ainsi surmonter les réticences des politiques de leur pays. Les Etats-Unis avaient tort de refuser de s'engager dans une lutte contre les émissions de gaz carbonique ; mais ils avaient tout à fait raison sur la vanité de ces engagements à diminuer leurs émissions dans les cinq ou dix ans à venir.  Il fallait aussi la participation des autres pays qui émettent beaucoup de gaz carbonique. Nous sommes donc peut-être désormais sur le bon chemin. On s'apercevra que, pour faire émerger ces nouvelles techniques, chaque pays devra mettre un impôt sur l'énergie fossile ; la justification en sera la lutte contre l'effet de serre et peut-être, aussi, la sécurité d'approvisionnement.

Un objectif de réduction des émissions d'ici 15 ans ? Il est à côté de la question

Le conseil des ministres européen a décidé en mars 2005 de se donner comme objectif  une réduction de 15 à 20 % des émissions européennes en 2020, c'est à dire dans quinze ans.

Or, même si nous prenons de suite des mesures de fond qui permettent de diviser nos émissions par trois dans trente ans, d'ici quinze ans, elles n'auront peut-être pas diminué, comme on le montre ici.

Est-il donc pertinent de se fixer des objectifs que l'on ne pourra sans doute pas atteindre alors que tout le monde s'accorde sur la plupart des mesures qu'il faut prendre de suite ? Voir ici les termes du débat

On devine les futures discussions et chicayas sur le pertinence de l'objectif, la répartition du fardeau entre les pays, puis sur toutes les raisons à invoquer pour expliquer que l'objectif ne pourra pas, ne peut pas, n'a pas pu être atteint...
     .... comme on le voit aujourd'hui au sujet de cet autre objectif fallacieux, qui est de produire à partir d'énergie renouvelable 21 % de l'électricité que nous consommons . On discute mainenant sur la façon de compter la consommation (faut-il y inclure l'électricité consommée par le système électrique lui-même ?) alors que l'urgence est de décider de suite la création d'une taxe climat sur l'énergie fossile, la construction de deux tranches nucléaires par an, le lancement de cultures énergétiques etc.
 


 
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La hausse du prix du pétrole

                     Quels enseignements pour préparer le long terme

écrit en octobre 2004

     et relu en septembre 2005 ... avec peu de changement   ; avec quelques annotations ajoutées en août 2008    

Une hausse durable ou passagère ?

A la mi septembre, le cours du brent, qui sert de référence, dépasse 50$/bl. 65 $ en septembre 2005. Jusqu'à 130 $/bl en juillet 2008. Qu'en penser ?

Selon certains experts le prix pourrait encore augmenter ; selon le gouvernement il reviendra vers 30$/bl. - en septembre 2005, le gouvernement dit qu'il pense que la hausse est durable, mais sans dire combien de temps.

Selon les spécialistes, les capacités de production sont suffisantes pour répondre à la consommation mais la marge est étroite.

Que veut dire "capacité de production" ?

La capacité de production est la plus petite de toutes les capacités suivantes : extraction, tranport, par pipe ou par bateau, raffinage pour faire les différents produits, du kérosène des avions à l'essence, au diesel et au fioul.

Il semble que la capacité de production est suffisante, même en tenant compte des difficultés rencontrées en Irak. En septembre 2005, compte tenu de la hausse de la demande chinoise, les capacités de production apparaissent insuffisantes, mais le pétrole existe bien pour répondre à la demande encore longtemps. Il est plus exact de dire que l'on peut prévoir la "fin du pétrole" mais ce sera un "non événement" puisque l'on produira alors du liquide à partir de charbon.

Comme la marge entre capacité de production et demande est faible, par prudence ou par spéculation, certains opérateurs veulent se constituer des stocks ou les augmenter. Alors la demande est supérieure à la consommation et atteint les limites des capacités. Si quelques opérateurs prévoient que la consommation va augmenter ou que les troubles vont diminuer la capacité de production et que les prix, en conséquence, vont encore augmenter dans les mois qui viennent, ces opérateurs estiment qu'ils ont intérêt à acheter même à un prix supérieur à 50 $/bl. Il y a aussi ceux qui n'ont pas d'idée sur l'évolution des capacités ni de la consommation mais qui pensent que d'autres pensent que etc. C'est ainsi que se forment les "bulles spéculatives". Même si les quantités demandées qui "dépassent" la capacité de production sont faibles, le prix augmente et s'applique à l'intégralité des ventes indexées sur le marché spot. Jusqu'à quand ? 

La hausse des prix aura un effet sur la demande. D'abord cet effet sera faible car les consommateurs que nous sommes peuvent penser que la hausse ne durera pas. Puis, si la hausse promet d'être durable, les consommateurs s'adapteront. Dans un premier temps, ils diminueront simplement les quantités consommées sans changer leur équipement, puis ils s'équiperont pour avoir moins besoin de consommer de produits pétroliers (ou de gaz, car le prix du gaz suivra), mais cela prendra du temps.

Si la capacité de production diminue, suite par exemple à des attentats, la situation pourra être durable et les cours pourront encore augmenter ; les consommateurs en seront informés et feront en sorte de diminuer leur consommation.

De leur côté, les producteurs ont certainement commencé à faire ce qu'il faut pour augmenter leur capacité car il ne manque pas de pétrole et le prix de revient de production est très largement inférieur à 50 $/bl ! Rendu à nos ports, hors les impôts prélevés par les pays producteurs, il est très souvent inférieur à 10 $/bl. Que l'on ne parle donc pas de pénurie.

Il faut aussi envisager que les pays producteurs de pétrole prennent goût à cette situation de prix du pétrole très élevé, qui déverse de centaines de milliards de dollars dans leurs caises et en même temps ménage leurs réserves de pétrole. Alors on sort des lois du marché concurrentiel auxquelles les gouvernements se fient peut-être un peu trop.

Mais si le prix devait rester longtemps à 50 $/bl (en 2008 on parle plutôt de 70 ou 80 $/bl : le dollar a baissé et les coûts des équipements dans le domaine de l'énergie ont considérablement augmenté), il deviendrait intéressant de faire un liquide équivalent à partir de charbon et les quantités de charbon accessibles sont considérables et très réparties sur terre.  Cela se fera certainement mais les quantités ainsi produites ne seront pas importantes avant dix ou vingt ans, sans doute.


A notre avis, le prix du pétrole ne restera donc pas durablement au-dessus de 50 $/bl (mieux vaut parler de 70 $/bl) mais, pour  augmenter la capacité de production, de transport ou de transformation, il faut du temps, de quelques mois à quelques années. L'abondance de carbone fossile n'empêchera pas des chocs de prix.

Si la capacité de production ne diminue pas, a fortiori si elle augmente après des investissements de dégoulotage, les cours retomberont au niveau jugé raisonnable par l'OPEP et qui faisait l'objet d'un consensus, c'est à dire autour de 30 $/bl, peut-être même plus bas si tous ceux qui ont constitué des stocks ont besoin de liquidités.
 

Que le court terme ne cache pas le long terme, mais l'éclaire

Dans une perspective à long terme, il ne faudrait pas perdre de vue que le monde dispose de quantités très abondantes de carbone fossile - suffisantes pour satisfaire une demande croissante sur près de cent ans  et deux ou trois fois trop abondantes si l'on veut effectivement lutter contre le changement climatique!

Donc, à notre avis, en ce qui concerne la politique française de lutte contre l'effet de serre, cette hausse du cours du pétrole n'aura guère d'effet à échéance de 20 ou 30 ans sauf si

      elle fait réfléchir à un monde où  l'on consommerait beaucoup moins d'énergie fossile

      et si elle fait prendre conscience qu'une augmentation voulue, progressive et prévisible du prix de l'énergie à la consommation finale est tout de même préférable à des hausses brutales et imprévisibles qui s'imposent à nous sans que l'on n'y puisse rien.

Cette montée des prix aurait même un effet négatif si elle laissait croire que le jeu du marché serait suffisant pour lutter contre l'effet de serre : au contraire une décision de principe pour une hausse régulière et durable du prix à la consommation de l'énergie fossile reste urgente pour que les acteurs s'engagent réellement sur la voie d'une forte diminution des émissions de gaz carbonique. En 2008, aucune décision fixant un prix minimum de l'énergie finale n'a encore été prise.
 

Sur les ordres de grandeur : des hausses imprévisibles et brutales ou une hause progressive et régulière ?

Un baril vaut un septième de mètre cube. Une hausse de 20 $/bl (50 contre 30) soit 140 $/tonne ou encore 120 €/tonne représente environ 14 centime d'euro par litre de carburant soit, pour une voiture qui parcourt 15 000 km par an avec une consommation moyenne de 7 l/100 km une augmentation de dépense de carburant de 140 €/an, 12 € par mois.

Nous faisons aujourd'hui  l'expérience d'une hausse du prix du litre de carburant de 9 cme€ en six mois (de mars à septembre). Dans notre scénario de division par trois des émissions  le prix à la consommation du litre de carburant augmente seulement de 1 cme€/an -  pendant 30 ou 40 ans, c'est vrai, mais cela laisse le temps de se retourner.

Un plan à long terme doit prévoir une augmentation des impôts. Aujourd'hui la TIPP sur les carburants couvre les effets externes de la circulation automobile sans compter l'effet de serre. Il n'y a donc aucune raison de diminuer la TIPP lorsque le prix du pétrole augmente. Il serait commode de distinguer un impôt qui tient compte de l'effet de serre. Celui-ci, qui s'ajouterait à la TIPP, pourrait être modulé en fonction du prix mondial de l'énergie de façon à atténuer l'effet de ses fluctuations sur le prix à la consommation finale pour que celui-ci augmente de façon régulière. Cela nous mettra à l'abi des fortes fluctuations. 

Ce sera appréciable car, même dans une situation d'abondance de carbone fossile, nous connaîtrons certainement d'autres chocs de prix, dont les causes  seront non pas physiques (la perspective d'une pénurie) mais stratégiques.
 

La hausse du prix sera utile si elle se répercute sur le prix de consommation.

Certaines professions font valoir le surcoût entraîné par cette hausse. Soit ! Mais pourquoi ne le répercutent-elles pas directement sur les prix de vente de leurs produits plutôt que de demander une aide publique qui en définitive sera financée par l'impôt, c'est à dire fera supporter ce surcoût par tout le monde, même ceux qui ne consomment pas de leurs produits ? On comprend que les professions les plus touchées souhaitent amortir le choc et étaler ses effets. Mais ne vaudrait-il mieux pas que les consommateurs, par les prix, soient bien informés du coût de l'énergie ? Ils seront alors incités à mieux l'utiliser. Les compensations pourraient donc être utilement accordées, peut-être en référence aux consommations passées, mais non pas en référence aux consommations à venir.
 

Quelques commentaires sur les commentaires

On entend souvent parler de pénurie de carbone fossile et très peu des possibilités de la biomasse et de la surabondance de charbon.
 
- Un tableau croisé des ressources et des emplois d'énergie qui divise par trois nos émissions

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La Russie ratifie le protocole de Kyoto

Est-ce important ?

Oui puisque cela permet d'atteindre le seuil qui rend possible la mise en oeuvre le protocole de Kyoto.

Mais il ne faudrait pas penser que l'on a fait pour autant un grand pas vers la victoire contre le changement climatique, loin de là !

Le principal mérite du protocole de Kyoto est d'avoir fait discuter tous les pays sur la question de l'effet de serre et d'en avoir convaincu quelques-uns de s'engager sur des quantités maximum d'émissions. Le principal risque du protocole de Kyoto serait de laisser penser que nous sommes sur la voie de résoudre la question.

Kyoto prévoit une quasi stabilisation des émissions par quelques pays alors qu'il faut diviser les émissions totales par deux et que les pays dont les émissions augmentent le plus vite n'ont pris aucun engagement - et que celui qui émet le plus n'en a pas pris non plus.

Par ailleurs, rien de sérieux n'a été décidé pour faire respecter les engagements.

La Russie s'engage - fort bien. Mais à quoi au juste ? A limiter ses émissions à un niveau qui est largement supérieur à ses émissions actuelles ! En  paraphant le protocole, elle acquiert la possibilité de "vendre"  à d'autres pays la différence entre son droit d'émettre et ses émissions réelles. Sa signature lui ouvre donc la possibilité de recevoir des financements nouveaux et donne à d'autres pays  la possibilité d'émettre plus que ce à quoi ils se sont engagés.

A l'annonce que la Russie paraphera le protocole de Kyoto, il y a donc plusieurs réactions possibles...
 

Pour notre part, nous pensons que pour contribuer à réduire les émissions mondiales, la politique la plus sage est d'agir par nous mêmes pour réduire nos propres émissions sans attendre de pouvoir nous appuyer sur des dispositifs multilatéraux incertains et fragiles. Et nous y trouverons d'autres avantages. Nous pouvons aussi proposer à d'autres pays de l'Union européenne des coopérations renforcées ; et l'Union pourrait proposer à de grands pays des coopérations stratégiques.

Voir ici : la France, agir seule ??
 
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